A bien scruter les choses, la tension suscitée par le débat autour du changement ou révision de la constitution n’aurait pas existé si chacun des protagonistes avaient l’élégance démocratique de garder sa bande.
Car, en effet, dans une démocratie civilisée, on n’interdit pas à un parlementaire de proposer des lois, encore moins à la majorité au pouvoir d’initier de grandes réformes.
En République Démocratique du Congo, la constitution en vigueur prévoit les mécanismes de sa révision et le changement de la constitution n’est interdit par aucun texte légal.
Détenteur du pouvoir, de tous les pouvoirs selon l’esprit et la lettre de l’article 5 de la constitution que tous nous défendons, le peuple, seul le peuple, a le dernier choix sur la société dans lequel il souhaite vivre ainsi que sur la manière d’être gouverné. Et donc, s’opposer violemment à la promulgation par le Président de la République de la loi sur le référendum et empêcher que la parole soit donnée au peuple souverain, c’est aller à l’encontre des principes démocratiques qui fondent un Etat de droit.
Pour rappel, le Chef de l’Etat est réélu en décembre 2023 avec 73% de suffrages exprimés, le Rwanda agresse la RDC et son arme envahit les villes de Goma et Bukavu, les évêques catholiques membres de la CENCO inventé une potion magique qu’ils croient capable de mettre fin à l’agression rwandaise : le dialogue inclusif.
Pour convaincre le monde de la pertinence de leur trouvaille, les évêques catholiques et deux pasteurs protestants sillonnent le monde, passent des nuits dorées dans des hôtels cinq étoiles de Paris, Bruxelles, Washington, Kigali et Nairobi. Revenus au pays, ils annoncent obtenir le soutien des Chefs d’Etats, rencontrés lors de leur périple, à leur démarche.
Devant la presse locale, les prélats catholiques et leurs alliés protestants font savoir que le dialogue inclusif, c’est pour doter le pays d’un » nouveau pacte social » pour le vivre ensemble. Très bien.
Mais là où sieurs Ambongo, Muteba et N’shole restent muets, assurément parce qu’ils font de la manipulation de l’opinion, c’est quand ils ne savent pas dire aux congolais comment parvenir à l’établissement d’un nouveau pacte social, sans toucher les règles qui ont régenté l’ordre ancien, à savoir l’ancien pacte social. La CENCO peut-elle regarder dans les yeux les intellectuels catholiques, et leur dire qu’il est possible de faire un nouveau pacte social et garder les règles anciennes. Comment allons-nous vivre ensemble et en paix avec la bande à Nanga, qui réclame le fédéralisme, la double nationalité et une partie du territoire national, sans toucher à la constitution dans ses disponibilités immuables ?
Avec tous les respects que nous devons aux éminents évêques catholiques, il est cependant de notre devoir de leur dire qu’ils sont dans leurs petits travers. Cette bizarrerie dans leur comportement vis-à-vis du Président Félix et son régime ne les honore pas. Au contraire, ça les décrédibilise aux yeux des congolais qui pensent qu’ils ne sont plus digne de leur casquette de pasteur et de gardien des brebis.
La CENCO a combattu l’organisation du référendum constitutionnel organisé par Joseph Kabila en 2005, rejetté la Constitution actuelle. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Ambongo et ses semblables se transforment en défenseurs acharnés de celle-ci. Ce revirement spectaculaire doit interroger les congolais partriotes, du reste appelé à s’opposer au diktat maléfique de la CENCO.
En conclusion, on aurait souhaité voir l’église catholique faire montre, sur ce débat autour du changement de la constitution, de la même sagesse et neutralité que son alliée ECC (Église du Christ au Congo) qui, dans son dernier message à la nation, a appelé à un large consensus sur la question, à travers un dialogue inclusif et dans le respect des articles 5, 217, 218 et 220 de la Constitution. En clair, les pasteurs protestants ont compris les enjeux et laissé la place aux débats démocratiques.
Le Tonnerre